Les enquêtes des époux Warren VS le cinéma.

Cet article a pour but de mettre en parallèle les faits relatés dans les films et la réalité des affaires. 

Nous nous excusons si parfois cela peut sembler lourd mais c’est un travail assez laborieux.

Brièvement, qui sont les époux Warren ? 

Ils sont tous les deux nés à Bridgeport dans le Connecticut. Ed a vécu dans une maison hantée de ses 5 ans à ses 12 ans. Lorraine, elle a des capacités médiumniques, à l’âge de 9 ans elle prétendait voir les auras des gens. Quand ils se rencontrèrent Ed n’avait que 16 ans.  Au départ Lorraine n’avait pas spécialement envie de se lancer dans des enquêtes de phénomènes paranormaux et elle a plus suivi son mari pour lui faire plaisir. Et pourtant, plus tard, leurs recherches et leurs enquêtes seront médiatisées et feront l’objet de nombreuses controverses.

  • Amityville – le cas qui a fait connaître les Warren dans le monde entier.

Nous retrouvons le cas d’Amityville dans les 10 premières minutes de The Conjuring 2 qui sert d’intro au film. Elle retrace la 2ème venue des Warren sur les lieux et, à vrai dire, il ne faut pas plus de 10 minutes de film car tout le monde connaît très bien cette histoire de part les nombreux films et documentaires déjà fait.

Dans le film, on voit la maison de l’intérieur avec à l’étage, un membre de l’équipe technique qui installe du matériel dans la pièce mansardée. Ensuite on voit les escaliers et le salon. Ce qu’on nous montre de la maison ressemble trait pour trait à la maison originale. Retournons dans le salon où on voit Lorraine et Ed Warren autour d’une table avec plusieurs personnes. Lorraine se prépare à utiliser ses capacités médiumniques et c’est là qu’elle fait une sortie de corps (décorporation), ce qui lui permet de revivre les instants où Ronald DeFeo tua sa famille au complet. On la voit se déplacer dans la maison à l’étage, reproduisant les mêmes gestes que Ronald, toujours en sortie de corps. Elle voit ensuite l’entité d’un petit garçon (cela fait référence à la photo prise du garçon aux yeux brillants dans la cage d’escaliers). Le film a pris le parti de faire référence à la présumée identité du fantôme de ce petit garçon, John DeFeo, un des petits frères de Ronald. Lorraine suit cette entité jusqu’à la cave où elle voit tous les fantômes de la famille. Enfin, dans cette cave, elle se fait attaquer par Valak sous les traits d’une nonne. Retour au salon au Lorraine crie et Ed l’aide à sortir de sa transe.

Dans la réalité. Cette séance autour d’une table dans ce que la presse a appelé « la maison du diable » a bien eu lieue. Elle se fit en présence de plusieurs personnes dont Lorraine et Ed Warren et l’équipe d’une chaîne de télévision new-yorkaise. Cette séance fut filmée et durantcelle-ci, plusieurs membres de l’équipe ont eu des malaises. Après ses visions, Lorraine n’a pas raconté ce qu’elle avait vu, elle a juste dit « cette maison abrite le mal absolu ». Durant cette deuxième visite, une photo fit polémique, celle de l’entité d’un petit garçon présentée comme était celle de John DeFeo. Mais il se trouve que sur place, il y avait un membre de l’équipe technique d’une 20 aine d’année et si on compare la photo de l’entité présumée et celle du membre de l’équipe en question, on se rend compte que la ressemblance est flagrante jusque dans la chemise à carreaux. On peut donc se poser logiquement la question de savoir si cette photo, expliquée de bonne foi comme étant celle d’une entité, n’est en fait qu’une erreur de la part des personnes ayant analysé les résultats.

Le film « The Conjuring » ou le « Cas de la famille Perron ».

Bon alors soyons honnêtes et clairs : le film est très romancé et énormément de faits sont totalement ou partiellement faux entre le film et ce qu’il s’est passé vraiment. Hé oui, c’est Hollywood n’oublions pas 😉 

Rappel de l’histoire : la famille Perron, composée de Roger, Carolyn et leurs cinq filles (Andrea, Nancy, Christine, Cindy et April) s’installe dans la propriété en 1971. Très vite, des phénomènes inexpliqués se passent. 

Dans le film, la famille s’installe dans la propriété, découvre la maison, ils se font à leur nouveau « chez eux » mais les événements paranormaux se font très vite connaître et sont presque instantanément violents.

 Dans la réalité, la famille déménage à la suite du saccage de leur propriété durant leur absence et les tortures infligées à leurs chats . Ne se sentant plus en sécurité, ils décident de déménager à la campagne. Le jour de l’emménagement, quand l’ancien propriétaire voit le camion de déménagement dans l’allée, il vient dire une seule phrase aux parents : « je vous conseille de laisser les lumières allumées la nuit » puis s’éloigne en ne disant rien d’autre. Ces paroles furent vite oubliées. Les événements paranormaux se font rares et sans incidence sur le quotidien. La famille parfois retrouvait même des pièces balayées et les saletés mises dans un sac durant leur absence. Un esprit venait même chaque soir embrasser les 5 filles dans leur chambre avant de dormir. Ce n’est que quelques mois après que l’esprit de Bathsheba se fait connaître, devenant très violente avec Carolyn mais ayant une affection particulière pour Roger (l’entité était agréable avec lui). 

Les faits historiques :

Dans le film, l’entité démoniaque principale est celle de Bathsheba : sorcière ayant, en son temps, sacrifié son enfant en offrande à Satan. Cette femme, après les accusations contre elle, s’est pendue à un arbre dans le jardin de la propriété. A chaque fois que Bathsheba se manifestait, une odeur de charogne se faisait sentir.

Dans la réalité, Bathsheba à bien existé. Il s’agit de Bathsheba Sherman, née en 1812 dans le Rhodes Island sous le nom de Bathsheba Thayer, épouse Judson Sherman en 1844. Elle a effectivement été accusée d’avoir assassiné son enfant en offrande à Satan en plantant une énorme aiguille dans sa tête et ses autres enfants n’ont pas dépassé l’âge de 4 ans. Elle était extrêmement cruelle avec ses domestiques. Elle se serait pendue à un arbre dans le jardin de la propriété selon les dires des habitants. Mais en réalité, elle a été retrouvée égorgée par un certain W. E. K. quand elle était en déplacement à Uxbridge dans le Massachusetts. Elle se faisait appeler « la sorcière de la cuisine », ce qui pourrait expliquer que ses attaques envers Carolyn Perron se passaient la majorité du temps dans la cuisine. Lors de ses manifestations de hantise, l’odeur de charogne était bien présente. 

Les attaques sur Carolyn :

Dans le film, Carolyn à des bleus sur les bras et les jambes mais elle ne sait pas vraiment d’où ça vient.

Dans la réalité, Carolyn subissait des coups, des gifles et autres sévices comme un trou dans le mollet ressemblant à un trou d’aiguille.

Dans le film, Carolyn se fait posséder par Bathsheba, la poussant ainsi à tuer une de ses filles. Elle fut ligotée à une chaise qui se souleva pour se mettre à l’envers au plafond. Cette possession commença au moment où Carolyn se reposait et où Bathsheba apparue au-dessus d’elle pour lui vomir du liquide noir dans la bouche. L’exorcisme se fit à la hâte par Ed Warren en présence d’un policier, de Roger et aussi Lorraine Warren

Dans la réalité, Carolyn se fait posséder après une séance de spiritisme organisée par les Warren. L’exorcisme se fit par Ed Warren un peu à la hâte en présence d’un prêtre, d’un médium, d’un parapsychologue de l’université de Duke, de Roger Perron, de lorraine Warren et des techniciens. Les faits rapportés durant cet exorcisme sont que la chaise s’est soulevée de quelques centimètres et fut projetée 6 mètres plus loin en retombant violemment coupant le souffle à Carolyn. Pendant l’exorcisme, Carolyn avait une voix différente et parlait une langue incompréhensible.

Les hantises sur les filles du couple :

Dans le film, la plus jeune des filles du couple est en contact avec l’entité d’un garçon appelé Rory, qu’elle a invoqué en jouant avec une boîte à musique.

Dans la réalité, Cindy et April étaient en contact avec l’entité d’un garçon appelé Manny avec qui le courant passait très bien entre eux.

Dans le film, une des filles se fait tirer la jambe durant les nuits si bien qu’elle manque de tomber au pied de son lit plusieurs fois.

Dans la réalité, toutes les filles se faisaient tirer les cheveux et les jambes par une entité qui ne se montrait jamais. Andrea dira plus tard « disons qu’un esprit mauvais masculin était présent… Et nous étions cinq jeunes filles à la maison… »

La fin de l’histoire :

Dans le film, après l’exorcisme de Carolyn, tout revient à la normale. Les Warren sont chaleureusement remerciés.

Dans la réalité, après l’exorcisme de Carolyn, Roger est en colère contre les Warren, les accusant d’avoir empiré les phénomènes dû à leur présence. Il mettra les Warren et l’équipe technique à la porte. Les Perron vivront jusqu’en 1980 dans la propriété avec les phénomènes qui ne se sont jamais arrêtés. Une fois le couple ayant les moyens de partir, ils déménageront.

L’histoire parallèle avec Annabelle dans le film n’est que pure invention, servant à introduire le film Annabelle qui sortira quelques temps plus tard.

NB : dans le film, les Warren donnent une conférence et durant cette conférence, des images sont projetées montrant l’exorcisme d’un homme. Cet homme c’est Maurice Thériault dont le film The Conjuring 3 fera normalement l’objet. C’est lors de cette conférence que Carolyn prend contact avec les Warren pour venir l’aider. 

En réalité, les Warren étaient sur une autre enquête dans le Rhodes Island quand ils ont été mis sur l’affaire Perron.

  • Annabelle 1

Ne nous attardons pas sur ce film car il y a peu de chose à comparer entre cette fiction et la réalité. En effet, seules les 30 premières secondes du film où on voit Donna et Angie témoigner face caméra et les 30 dernières secondes du film où on voit, en 1970, la mère de Donna acheter la poupée dans une boutique d’antiquités pour l’offrir à sa fille font partie de ce qu’il s’est passé réellement ainsi que le plan où on voit la poupée dans la vitrine en verre chez les Warren. Tout le reste du film n’est que pure invention.

Notons toutefois que le film a pris le parti de raconter que la poupée a été possédée par Annabelle Higgins, une femme d’une 20 aine d’années faisant partie d’une secte satanique appelée « les adorateurs du bélier » et qui avait attaqué le couple « star » du film avec son petit ami avant de se trancher la gorge en tenant la poupée dans ses bras avant que la police n’arrive pour l’arrêter. Le sang coulant de sa gorge posséda la poupée.

Dans la réalité, la poupée aurait été possédée effectivement par Annabelle Higgins, une petite fille de 7 ans dont le corps avait été retrouvé sur la propriété où les deux colocataires, Donna et Angie habitaient.

Notons aussi la différence entre la poupée du film et celle d’origine. En effet dans le film il s’agit d’une poupée de porcelaine alors que dans la réalité, la poupée est une poupée de chiffon de la marque Ann Raggedy.

  • The Conjuring 2 : le cas enfield

Parlons maintenant du film sur un cas polémique étant donné le scepticisme qu’il a suscité et suscite toujours. En effet, que ce soit dans le film ou dans la réalité, cette histoire a apporté des doutes à tout le monde, même aux Warren.

The Conjuring 2 est sans doute le film qui se rapproche le plus de ce qu’il s’est passé réellement malgré quelques différences notables et oublis (volontaire ?) de la part de l’équipe du film.

Revenons d’abord sur un rappel de l’affaire :

Peggy Hudgson élève seule ses 4 enfants, Margaret quinze ans, Janet douze ans, Johnny onze ans et Billy huit ans au 284 Green Street dans la banlieue nord de Londres. Les phénomènes commencèrent en 1976 après une séance oui jà prise comme un jeu, les filles ne se doutaient pas qu’elles avaient invité plusieurs entités qui allaient rendre leur vie insupportable. Plusieurs équipes d’enquêteurs du paranormal sont passés par cette maison ainsi que des journalistes et chaînes de télévision ainsi que…les Warren. Ces derniers sont restés en tout et pour tout une grosse semaine en 1978, alors que l’affaire appelée alors « le poltergeist d’Enflield » a duré elle trois ans !

La télévision :

Dans le film, on voit Ed Warren à un show télévisé où il est confronté à un sceptique qui met en doute les faits qui se sont produits  à Amityville et passe son temps à discréditer Ed Warren.

Dans la réalité, cette émission a bien eu lieu et le sujet polémique en était Amityville. D’ailleurs, ce que dit l’acteur qui joue Ed dans le film est presque mot pour mot ce qu’il dit dans la véritable émission.

Dans le film, c’est un journaliste qui force un peu la main à Peggy parce qu’il a entendu ce qu’il se passait chez elle.

Dans la réalité, c’est Peggy qui contacte le Daily Mirror car elle pensait qu’ils étaient les seuls à savoir qui pourrait les aider. Mais en réalité, ils se sont juste servis de ce qu’il se passait ,en allant plusieurs fois sur place et en constatant les phénomènes, afin de faire des titres vendeurs. Finalement, ils n’ont pas donné de solution à la famille.

Dans le film, l’interview de Janet et Margaret ‘les deux filles (avec entre autre  Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair), se fait aussi de façon filmée. On y voit Janet parler (en bougeant les lèvres) avec la voix de Bill, l’entité qui hante les lieux. 

Dans la réalité, cette interview a effectivement eu lieu. Janet et Margaret étaient l’une à côté de l’autre. On entend très bien la voix de Bill mais les lèvres de Janet ne bougent absolument pas. L’entité de Bill est cette de Bill Wilkins, prétendant être mort dans son fauteuil. Après vérification auprès du fils, il s’avère qu’il est bien décédé de cette manière. L’interview a eu lieu en présence, entre autres de Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair, deux membres de la SPR (British society for psychical research). Maurice Grosse a passé 3 ans de l’affaire à étudier sur place les phénomènes  et avec plusieurs autres témoins, ils  ont rapporté plus de 2000 phénomènes qui se sont passés en leurs présences.

Dans le film, on voit deux policiers, une femme et un homme, venus dans la maison pour constater les phénomènes. Ceux-ci ont vu une chaise se déplacer seule. Un peu plus tard dans le film, on voit ces deux policiers se faire interviewer dans la rue par des journalistes qui prennent leur témoignage. 

Dans la réalité, ces deux policiers ont bien constaté plusieurs phénomènes sur place, des coups, des voix, une chaise se déplacer et un fauteuil se soulever dans les airs. Cette interview a vraiment eu lieu dans la rue.

Les phénomènes paranormaux :

Dans le film, l’entité Bill est très présente de façon violente. Il parle et agresse les gens au travers de Janet, des objets lévitent, les lits tremblent, Janet se fait soulever en l’air pour retomber violemment et des pièces entières son saccagées. Janet se fait même téléporter dans une pièce fermée de l’extérieur par une chaîne et un cadenas et Bill a une fâcheuse tendance à mordre Janet et Peggy. Un des premiers phénomènes fut le déplacement d’une commode dans la chambre des filles. 

Dans la réalité, l’entité de Bill est bien présente et c’est le seul qui parle au travers de Janet, il est aussi violent envers les autres membres de la famille par l’intermédiaire de Janet mais il n’est pas la seule entité, en effet, d’autres sont sur place : Fred, Tommy, Charlie, Dick, John, Gutter-Man, Zachary et Teddy-Man. Ces entités, toutes sans exception, perturbent le calme de la famille, parlant aux occupants de la maison, entre eux, imitant des cris d’animaux, grognant, gémissant et se disputant entre eux. Les objets se déplaçaient, se soulevaient dans les airs, se téléportaient (une pierre s’est même matérialisée dans les airs pour se fracasser par terre. Cette pierre ne pouvait se trouver que sur une île de la Manche à 120km du lieu d’activité). Ils prenaient un malin plaisir à se moquer avec cynisme et menacer les gens qui étaient là pour constater les phénomènes. Janet et Margaret étaient soulevées de leur lit, parfois de 1m80 du sol mais Janet était la plus touchée par ce phénomène. Le déplacement de la commode dans la chambre des filles a bien eu lieu sous les yeux de Peggy, la maman. Il est précisé que toutes ces activités ont été vues par des témoins dont le principal, Maurice Grosse. 

Valak :

Dans le film, Valak est l’entité démoniaque se présentant sous les traits d’une nonne. En effet, l’entité de Bill Wilkins faisait du mal à la famille à la demande forcée de Valak dans le but de s’en prendre à Lorraine Warren. 

Dans la réalité, Valak est tout simplement inexistant. Valak est juste le fil conducteur pour les films. 

L’homme tordu : 

Dans le film : personnage effrayant. Il faut croire que l’entité de Bill prend l’apparence d’un personnage d’une comptine que les plus jeunes enfants chantaient. L’homme tordu est très grand, très mince, avec un chapeau et des dents pointues et possède un parapluie. 

Dans la réalité, il est inexistant. Du moins, nulle part il en est fait mention. 

Dans le film, on voit Ed peindre le portrait de la nonne (Valak). 

Dans la réalité, Ed Warren est effectivement un peintre ayant fait les beaux art.

Fin de l’histoire : 

Le film présente les Warren comme ayant été là presque dès le début jusqu’à la fin où les phénomènes paranormaux s’arrêtent grâce à Lorraine. 

Dans la réalité, les Warren, comme mentionné plus haut, ne sont resté qu’une grosse semaine sur place sur les 3 ans ou l’affaire a duré. Les Warren n’y sont pour rien sur l’arrêt des phénomènes. C’est un prêtre exorciste qui est venu sur les lieux pour le pratiquer et qui a fait que les phénomènes se sont arrêtés définitivement. 

Janet à admit avoir truqué certains phénomènes pour, dit-elle, voir si les journalistes et enquêteurs étaient assez perspicaces pour s’en rendre compte. Elle affirme aussi que la grande majorité des faits sont vrais et qu’elle en était la principale victime.

N’ayant encore pas vu Annabelle 3 et The Conjuring 3 (2020) , nous attendrons donc si besoin d’en faire un nouvel article si cela vous a plut  Car c’est un travail considérable et je remercie tout particulièrement Guillaume Rogiers pour son aide considérable dans la rédaction et la création de cet article .

Article Rédigé et Documenté par Schwob Ségolène & Guillaume Rogiers

Liens qui ont servis à l’élaboration de l’article : 

Livre : « les dossiers Warren »  de Marie Alsina aux éditions Le temps présent. Collection « démons et merveilles ». 

 













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